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Ordre Souverain Militaire et Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem de Rhodes et de Malte.

Actualités

Liban: bref aperçu de la situation generale sur le plan humanitaire. 2ème rapport

Beyrouth, 26/07/2006 


Rapport envoyé par le Président de l’Association Libanaise de l’Ordre de Malte S.E. Marwan Sehnaoui:

Les opérations militaires continuent gonflant jour après jour les problèmes d’urgence auquel le pays fait face.

A la perturbation des voies de communication terrestres se sont ajoutés en cette fin de semaine (22 et 23 Juillet 2006) un volet important dans la mesure où les antennes de communication (dont la téléphonie mobile) font désormais partie des cibles bombardées.

Depuis Beyrouth, le Secrétaire Générale Adjoint de l’ONU aux Affaires Humanitaires, Jan Egeland, a avancé qu’une « … crise humanitaire est sans doute en train de se développer au Liban ». Il estime « … qu’entre 500.000 à un million de personnes avaient besoin d’assistance internationale au Liban ». Egalement, il « … juge nécessaire que l’on débloque d’urgence 100 millions de dollars pour contenir une crise humanitaire ».

Le pays fait face jour après jour aux problèmes d’URGENCE avec plus d’acuité.

– Le flux des déplacés des différentes zones couvertes par les opérations militaires dépasse désormais largement le nombre de 500.000 (on l’estime déjà à 700.000+) dont 50 % sont des enfants (selon l’UNICEF). De ces déplacés, plus de 110000 (dont 50 % d’enfants) vivent dans des conditions précaires. Il sont « entassés » dans des écoles transformées en Centres d’accueil à Beyrouth, au Mont Liban et au Nord. Ces établissements ne sont en aucun cas équipés pour installer un si grand nombre de personnes. La situation y est très critique et le risque d’épidémies y est très haut.

Par ordre d’importance, les besoins et les problèmes suivants sont en grande URGENCE de solutions :

1. la salubrité des lieux où les déplacés sont installés. Les Centres accueillent dans beaucoup de cas un nombre supérieur à la capacité des lieux. La situation hygiénique des lieux est catastrophique ; il est nécessaire d’assurer des kits familiaux d’eau et d’hygiène, adapter les approvisionnement et stockage d’eau, assurer la désinfection des espaces sanitaires, des locaux et l’assainissement des eaux souillées ;

2. la disponibilité de l’eau potable et dans certains cas domestique surtout pour les bains quotidiens nécessaires en cette période d’été aux nourrissons et bébés ;

3. le lait des nourrissons et des bébés ;

4. les médicaments ;

5. les matelas, draps et couvertures ;

6. l’approvisionnement des Centres en produits alimentaires.

– La détresse des populations prises au piège des zones de combat ou limitrophes de ces zones devient de plus en plus ardue. L’accès des aides à ces populations est de plus en plus périlleux. C’est avec grande peine que nous avons exceptionnellement pu faire parvenir des médicaments avant hier à Rmeich au Liban Sud (village frontalier, voisin de Maroun el Ras et Bint Jbeil où se déroulent à l’heure actuelle des combats très durs. Au moins 8000 déplacés des villages environnants se sont réfugiés à Rmeich sans compter la population du village).

Nos Centres se trouvant à l’intérieur ou limitrophes des zones de combat sont très actifs (excepté Siddikine qui pas plus tard qu’avant hier a été durement bombardé).

Quant à la pénurie des produits de base (alimentaires, fuel pour générateurs et électricité, médicaments, … etc.…), la psychose de guerre continue à créer chez la population un mouvement d’accélération de ce processus.

La pénurie des produits pétroliers commence déjà à se faire ressentir sur l’ensemble du territoire.

Concernant les médicaments, à titre d’exemple et pour citer le Président du syndicat des importateurs de médicaments « … dès les premiers jours du blocus, les Libanais surtout les cardiaques, les diabétiques et les personnes ayant des problèmes de tension se sont rués dans les pharmacies, dévalisant les rayons. Un rush sur le lait des nourrissons, la ventoline et les tranquillisants a été enregistré… »

Pour ne pas faire face au coté dramatique d’une pénurie, des corridors humanitaires permettant le passage des aides et des produits de base devraient être urgemment négociés, surtout les corridors terrestres.

L’ampleur des destructions met en évidence encore plus le problème auquel le pays et toutes les ONG auront à faire face à la fin des hostilités dès lors que la réinsertion et le retour des déplacés seront enclenchés de même que la reconstruction… Cela sans compter que la nouvelle année scolaire sera certainement perturbée du fait de l’installation des déplacés dans les écoles.

Au risque de se répéter, nous rappelons que pour ce qui a trait au traitement des problèmes d’urgence (décrits plus haut), les informations recueillies auprès de nos Centres (le terrain) comme auprès des deux ministères les plus concernés et engagés (Ministère de la Santé et Ministère des Affaires Sociales) montrent que les difficultés à solutionner ces problèmes viennent, pour le moment, de l’organisation du cheminement suivant :

– Regroupement et logement des déplacés (pour le moment essentiellement dans les écoles vides à cause des vacances d’été) ;

– Organisation de la salubrité des lieux de regroupement et leur installation de base ;

– Approvisionnement alimentaire et produits de 1ère nécessité de base (hygiénique, …etc.…) ;

– Assurance des soins médicaux et des médicaments.

Sur le plan des hôpitaux, la mobilisation est totale. Leur opérationnalité est complète pour le moment.

Les hôpitaux s’occupant des blessés de guerre pourraient manquer prochainement de produits d’hygiène, de calmants et de produits anesthésiants.

Pour l’Ordre de Malte, notre intervention s’est concentrée essentiellement sur les soins de santé (excepté dans un cas, au Centre de Roum – caza de Jezzine, où en plus des services de santé, l’Ordre compte prendre en charge la majeure partie des problèmes des 200 familles ± 1000 personnes réfugiées dans la zone).

Pour notre action générale, l’Ordre de Malte a adopté le mode opératoire suivant :

1. Se charger de la réception et de l’acheminement des lots de médicaments (Réf. : liste ci-jointe des médicaments d’urgence en grand manque).

Cet acheminement est en soit un problème surtout pour les zones de guerre. Nous le résolvons au pas à pas et à vue ;

2. Assurer la prise en charge des soins médicaux et la fourniture de médicaments aux Centres de regroupement de déplacés se trouvant dans les zones d’activité des Centres de l’Ordre de Malte ;

3. Assurer un petit stock de médicaments qui nous permettra de survivre à une période de pénurie et explorer le moyen d’acheminer des dons en médicaments de l’étranger au Liban soit par l’intermédiaire de Gouvernements amis qui sont en train de rapatrier leurs compatriotes soit en passant par la Syrie (une fois sûrs qu’on sera en mesure de gérer les problèmes administratifs conséquents, de formalités de frontière… etc.…)

A cette fin :

– Nous sommes déjà en mesure de réceptionner des médicaments acheminés par la Syrie à condition qu’ils soient spécifiquement adressés à :

Bureau Technique de l’Ambassade de l’Ordre Souverain de Malte au Liban

Contact :

M. Paul Saghbini et/ou M. Khaled Kaskas

Mob 961 3 729 203 Mob 9613 840 506

Téléphone 961 1 512 002 Ext. 223 / 224 / 225

Téléfax 961 1 494 820

E-mail burtek1@fattal.com.lb

Adresse Avenue Ecochard, Immeuble Fattal, Sin el Fil – LIBAN

et que nous soyons avertis à l’avance et au plus tôt soit par mail soit par fax DE TOUS LES DETAILS concernant le transporteur et les détails du don.

– Egalement, le Ministère de la Santé Publique au Liban a accepté le principe que l’Ordre de Malte soit habilité à réceptionner et remettre aux intéressés les dons de médicaments convoyés de l’étranger à l’adresse d’autres ONG.

En attendant nous procédons le plus rapidement possible à l’achat de médicaments, les stocks existants chez les fournisseurs et sur le marché diminuent comme pot de chagrin du fait de la psychose généralisée.

Egalement, une équipe d’urgence mobile d’intervention formée de volontaires pivotant autour de l’Ordre de Malte est en cours de mise au point en vue d’intervenir dans les lieux de regroupement de déplacés situés en dehors des zones d’intervention direct des Centres de l’Ordre de Malte.

Toute cette situation demande la mise à disposition urgente de fonds importants non prévus dans les budgets et réserves

(Estimation pour un mois pour fonctionnement urgence Ordre de Malte : US $ 80.000,- à US $ 100.000,-).

Ceci donne une image succincte de la situation actuelle au Liban.

DESCRIPTIF BREF DE LA SITUATION OPERATIONNELLE DES CENTRES DE L’OSM

(AU MARDI 25 JUILLET 2006).

1. LIBAN SUD :

a. Yaroun – Rmeich

(accolé à la frontière Israélienne – de même que la bourgade de Rmeich situé à ± 5 à 6 Km de Yaroun – le village a été vidé de ses habitants sous menace, il est le voisin direct de la zone des confrontations en cours à Maroun el Ras et Bint Jbeil)

Le village de Yaroun a été complètement vidé de ses habitants sur menace directe depuis le début des hostilités.

Tous les habitants chrétiens du village et un bon nombre de chiites se sont réfugiés dans la bourgade voisine de Rmeich (chrétienne) dans laquelle se sont réfugiés jusqu’à aujourd’hui plus de 8000 déplacés provenant des villages voisins de Aita el Chaab, Aitaroun, Maroun el Ras, Bint Jbeil, …

Du fait de la non accessibilité (jugée suicidaire) de Yaroun, le médecin responsable du Centre de Yaroun, le Dr. Raed el Alam (cardiologue, originaire de Rmeich) avec qui nous avons jusqu’à ce jour un contact téléphonique régulier, a ouvert une antenne de l’Ordre de Malte attenante à sa clinique à Rmeich. Il y assure la plupart des soins mais souffre d’un manque dramatique de produits médicaux du fait de l’afflux des déplacés.

Rmeich n’est pas encore sous menace directe, malgré des bombardements sporadiques et limitrophes, mais ploie à cause des manques alimentaires et en médicaments dus à l’extrême difficulté des communications.

Le Ministère des Affaires Sociales a pu faire, par la Croix Rouge, parvenir 300 rations alimentaires, de même Caritas a fait parvenir 1000 rations de pain.

Un lot de médicaments de qualité a pu être envoyé par l’Ordre de Malte en coordination avec le convoi de la Croix Rouge dimanche passé (23 Juillet 2006). Même S.E. le Ministre de la Santé a été agréablement surpris de cette livraison (il est possible que ce soit le dernier contact avec Rmeich avant la stabilisation de la situation du fait que les combats de terre se passent, à l’heure actuelle, dans son voisinage direct – Maroun el Ras et Bint Jbeil).

On peut conclure en disant que Rmeich est dans une situation de détresse totale manquant de médicaments (essentiellement chroniques), du lait pour nourrissons, de pain, d’eau potable,… etc.… sans compter la difficulté de transfert des patients et blessés qui ont besoin d’hospitalisation…

b. Marjeyoun

(Attenant mais non accolé à la frontière avec Israël)

Comme Rmeich, la bourgade de Marjeyoun échappe aux bombardements directs mais la plupart des routes d’accès et des secteurs environnants sont sous le feu.

Sœur Hélène Habib (de la Congrégation des Saints Cœurs) qui s’était trouvée piégée à Beyrouth au début des hostilités est retourné à Marjeyoun en date du Jeudi 20 Juillet 2006 afin avec un lot de médicaments de l’Ordre et a repris en main les opérations du Centre qui avait été assurés, lors de son absence, par la Sœur Emilie.

Le Centre dessert des services de soins aux déplacés des villages avoisinants soumis à des bombardements ou menaces (Kfarkéla, Khiam).

Du fait que l’Ordre ait réussi à convoyer la Sœur et les médicaments à Marjeyoun, le Ministère de la Santé lui a confié le soin d’acheminer les lots de médicaments destinés à « l’Hôpital Gouvernemental de Marjeyoun » et au « Centre médical de Kfarkéla », mission assurée avec succès.

La Sœur Hélène coordonne également ses actions et services avec la direction de l’Hôpital Gouvernemental de Marjeyoun.

c. Siddikine

(30 Km de Tyr à coté de Cana – population uniquement Chiite – zone bombardée par intermittence, le village a été directement bombardé à plusieurs reprises, le dernier bombardement a eu lieu le 23 Juillet 2006)

Du fait des bombardements, le Centre est inaccessible, de même le personnel s’est éparpillé.

Les communications sont quasi impossibles. Avons pu toutefois atteindre la responsable du Centre Mme Nohad Balhas que nous avons encouragé à regrouper, si possible, son équipe et entamer les activités quitte à ce que les locaux soient, en attendant, dans un village dont la position serait plus adéquate en regard des opérations militaires.

d. Roum – caza de Jezzine

(Très Limitrophe de zone de combat du Liban Sud)

La région de Jezzine accueille à ce jour ± 5235 déplacés principalement logés dans les écoles de la région.

Pleinement opérationnel tant sur le plan médical que sur le plan social car situé dans une zone à la limite des zones de confrontation directe.

Outre les soins médicaux qu’il continue d’assurer, le Centre se propose de s’occuper directement de la majeure partie des besoins des ± 1000 déplacés (180 familles) installés dans les écoles avoisinantes au Centre.

Il est important de noter qu’une très grande partie des déplacés de la région sont des enfants. En effet, sur les 1000 déplacés pris en charge par le Centre de l’Ordre de Malte de Roum, nous comptons :

– 12 nourrissons entre l’age de 0 à 6 mois ;

– 14 nourrissons entre l’age de 6 mois à 1 an ;

– Les enfants n’ayant pas atteint 5 ans ont été dénombrés à 150 ;

– Les enfants n’ayant pas atteint 8 ans ont été dénombrés à 400.

Aide alimentaire et d’hygiène de base :

Depuis leur installation dans la région, les déplacés ont reçu des aides venant de « l’Association Bahia el Hariri » et du « Secours Populaire ». Ces aides consistaient en la mise à disposition de produits alimentaires (pain, riz, sucre, sel et huile). A ce jour, les aides offertes par « l’Association Bahia el Hariri » et le « Secours Populaire » ont été fournis aux déplacés une fois et nous ne pouvons nous porter garant du fait de la continuité desdites aides. En attendant de voir dans quel sens cette situation va évoluer et si lesdits produits seront toujours assurés par les Associations cités ci-dessus, le Centre de l’Ordre de Malte de Roum assure aux déplacés les besoins vitaux manquants en produits alimentaires et en produits d’hygiène de base.

Soins médicaux :

Les soins médicaux et fourniture de médicaments aux patients et de lait aux nourrissons sont pratiquement totalement assurés par les soins du Centre de l’Ordre de Malte de Roum.

2. BEKAA :

a. Barqa :

(Limitrophe de la zone de Baalbek qui est zone de guerre)

Le Centre est pleinement opérationnel et a commencé depuis le Lundi 17 Juillet 2006 à assurer les soins médicaux aux déplacés qui ont afflué à leurs villages d’origine de la zone de Baalbek.

Le flux de ces déplacés est encore difficile à estimer car éparpillés dans les villages environnant. Cependant l’équipe du Centre a noté une importante hausse de services offerts.

Alors qu’en temps normal le Centre de Barqa enregistrait en moyenne 60 patients par jour, il enregistre en ce moment certains jours jusqu’à 150 patients.

3. GRAND BEYROUTH:

a. Ain el Remmaneh :

(Situé administrativement dans la banlieue Sud de Beyrouth et limitrophe à l’extrême du carré visé par la guerre actuelle dans la banlieue Sud)

Situé à quelques centaines de mètres des zones visées par les bombardements, le Centre est opérationnel.

Il assure les services de santé et la fourniture de médicaments à 2 centres de regroupement de déplacés situés dans sa zone d’intervention, respectivement dans « l’Ecole Madame Aoun » (± 400 déplacés) et « L’Ecole Publique de Furn el Chebbak » (± 268 déplacés).

Centre de déplacés de « l’Ecole Madame Aoun » :

Les ± 400 déplacés incluent 31 enfants en dessous de 5 ans avec 5 nourrissons.

Outre l’ensemble des soins médicaux et d’hygiène pour l’ensemble des déplacés, les enfants âgés de moins de 5 ans et les nourrissons reçoivent tous les jours leur bain au Centre de l’Ordre.

Centre de déplacés de « l’Ecole Publique de Furn el Chebbak » :

Les 268 déplacés incluent 7 enfants entre 1 an et 2 ans et 9 nourrissons de moins d’1 an.

Le Centre de Ain el Remmaneh assure aux déplacés les soins médicaux et les médicaments conséquents. Il est aidé en cela par un médecin bénévole.

Outre les soins médicaux, le Centre de Ain el Remmaneh assure, dans la mesure du possible, des vêtements, matelas et coussins aux déplacés.

4. LIBAN NORD :

a. Khaldieh :

Le Centre est pleinement opérationnel.

Il assure en outre les médicaments aux nouveaux déplacés installés dans sa zone d’intervention à Zghorta à « L’Ecole publique complémentaire Toni Franjieh ».

Les 217 déplacés de ce Centre de regroupement de déplacés incluent 104 enfants et 10 enfants en dessous de 2 ans.

Les soins médicaux de ces déplacés sont assurés par le médecin officiel du caza de Zghorta.

Outre les médicaments, le Centre de Khaldieh a également procédé à la distribution de lots de vêtements aux déplacés.

Il faut noter qu’il existe également dans la région de Zghorta un bon nombre de déplacés qui ont été abrités dans les domiciles des habitants de la région ; il est cependant difficile de comptabiliser ces derniers mais les responsables de notre Centre de Khaldieh laissent entendre que leur nombre s’élèverait également à ± 200 déplacés.

En conclusion, ceci décrit très brièvement la situation opérationnelle des Centres de l’Ordre de Malte plus engagés dans la guerre en cours.

Quant aux autres Centres de l’Ordre de Malte

Nord de Beyrouth :

Centre de Zouk Mikhael ;

Bekaa Ouest:

Centre de Kefraya

Liban Nord:

Centre de Kobayat

ils continuent d’opérer à plein régime dans leurs régions respectives fournissant des aides aux déplacés ponctuel établis dans leurs environnements et prenant leurs précautions pour faire face rapidement à un flux de déplacés en cas de développement impromptu… qui pourrait subvenir dans leurs régions respectives…

Ceci résume la situation à ce jour.

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