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Malteser Hilfsdienst : « notre force? Nous sommes une grande famille, mais nous devons encore mieux nous préparer

Malteser Hilfsdienst : « notre force? Nous sommes une grande famille, mais nous devons encore mieux nous préparer
27/04/2020

“Dans un moment d’incertitude et d’angoisse” comme celui que nous vivons actuellement dans le monde entier en raison de la pandémie de Covid-19, “rien n’est plus important qu’une action coordonnée et une communication correcte”. Georg von Khevenhüller Metsch, président de Malteser Hilfsdienst, le corps de secours allemand de l’Ordre de Malte, a présenté le 23 avril, au cours d’une vidéoconférence comptant une soixantaine de participants des différentes structures de l’Ordre de Malte, les activités de l’Ordre de Malte en Allemagne. Il s’agit de la quatrième réunion virtuelle “Rapports du Front” organisée par le Global Fund for Forgotten People depuis le début de la crise causée par le coronavirus.

Georg von Khevenhüller Metsch a décrit comment s’est développée la pandémie dans son pays et comment des milliers de bénévoles de Malteser Hilfdienst, 6 000 environ, se sont mobilisés pour satisfaire les exigences les plus diverses apparues ces dernières semaines. “Indépendamment de la “dimension” de l’intervention qui a pu être mise en œuvre grâce à la force, non pas seulement numérique, du Malteser allemand, “ce qui a fait la différence a été la capacité d’agir, et non pas seulement de réagir, très rapidement. Et cela également grâce au fait que nous ayons pu voir ce qui se passait dans d’autres pays”. Le président du Corps de secours allemand de l’Ordre de Malte a souligné que maintenant “nous devons déjà penser à revenir à la normalité et cela constitue un nouveau défi pour nos capacités et notre flexibilité”.

Les chiffres de l’intervention de Malteser en Allemagne sont en effet conséquents, avant tout en ce qui concerne le travail dans les huit hôpitaux dirigés par l’Ordre de Malte, avec 92 lits en soins intensifs (et 41 lits supplémentaires potentiels) et les trente-quatre maisons de soin et d’assistance pour personnes âgées. Une séparation a été assurée entre patients Covid-19, patients suspects et soins intensifs. Le personnel a été formé aux nouvelles mesures anti-contagion. Les visites des proches ont été suspendues et des tablettes ont été fournies aux patients pour qu’ils puissent communiquer avec les personnes qui leur sont chères. Les opérations chirurgicales ont été reprogrammées et l’accès des prêtres pour administrer les sacrements organisé “parce que de nombreux patients nous demandaient aussi un soutien spirituel”.

3 000 bénévoles environ ont été impliqués dans les activités de protection civile, de la construction de nouvelles ailes d’hôpital à la logistique pour le triage à l’entrée des structures sanitaires et aux activités de “drive-in test”, tests effectués sur les routes à l’intérieur des voitures des patients en une cinquantaine de stations.

Bien entendu, le travail dans les 50 structures pour réfugiés et migrants dirigées par l’Ordre a continué, cherchant à encourager la plus grande attention pour l’hygiène et la distanciation, “mais cela n’a pas été facile car ces structures ne sont pas des hôtels et ne prévoient pas d’espaces aussi vastes, surtout dans le cas où quelqu’un tomberait malade et devrait être mis en quarantaine”.

Les écoles gérées par l’Ordre de Malte en Allemagne ont été fermées, mais devraient lentement rouvrir à partir de mai. La formation des enseignants a déjà commencé pour garantir les meilleures conditions de sécurité aux élèves.

L’activité des bénévoles pour le transport des malades de Covid-19 vers les hôpitaux a été massive. 3 000 bénévoles environ ont renforcé le service de livraison de médicaments et la distribution de nourriture aux plus vulnérables et aux personnes isolées. Parmi mille difficultés, ils ont organisé de nouvelles cantines sociales en collaboration avec les autorités locales et ont mis en place de nouvelles activités, comme les services pour les animaux de compagnie des malades ou encore, de la plus haute importance, la production de masques de protection. Cela également parce qu’en cette période “nous avons reçu une quantité incroyable de personnes qui se sont offertes pour collaborer avec nous”, un capital humain avec de nouvelles idées et de nouvelles initiatives à ne pas disperser”.

Le travail de soutien en ligne et par téléphone s’est révélé d’une extrême importance : que ce soit pour les demandes d’informations pratiques comme pour celles d’assistance psychologique, aussi bien pour les employés et bénévoles que pour la population, avec des lignes spécifiques pour certaines catégories (adolescents, enfants, parents en difficulté, personnes âgées seules). A également été créée une “virtual mourning room”, un lieu en ligne dédié spécifiquement au souvenir de ceux qui ne sont plus là, qui n’ont probablement pas pu avoir d’obsèques, un lieu de silence, de mémoire, de consolation et de prière : “Cela a été une initiative extrêmement importante, nous avons vu à quel point c’était nécessaire et demandé”.

Un gros travail a été fait, enfin, sur le plan de la communication interne et externe, avec une couverture médiatique, en particulier auprès de la presse locale, parfois trois fois plus importante que la moyenne. Instrument fondamental : la plateforme créée pour permettre à nos membres de communiquer en interne mais qui peut également être enrichie par des événements en direct sur Facebook (par exemple des questions/réponses avec les médecins, comment organiser l’assistance de malades à domicile, des cours de premiers secours en ligne), des podcasts, des tutoriels (comment se protéger du virus, ou bien comment coudre un masque chez soi).

“Mais qu’avons-nous appris de cette pandémie?”, se demande Georg von Khevenhüller Metsch. “Que pouvons-nous améliorer? C’est la chose la plus importante à analyser. Nous devons comprendre et faire comprendre qu’il nous faut mieux nous préparer, trouver de nouvelles solutions” et le point fondamental “est que notre travail, partout dans le monde, doit faire partie de cette solution, comme une grande et unique famille”. “Dans cette crise, nous avons 6 000 bénévoles en action, mais au moins 40 000 autres sont chez eux, inexploités, ce qui pour eux est un cauchemar”, a expliqué le président de Malteser Hilfsdienst qui a aussi cité en exemple l’impossibilité, au début de la crise en Italie, d’envoyer des aides de l’Allemagne en raison des obstacles bureaucratiques. “Il sera nécessaire d’attirer l’attention du grand public, mais aussi des politiques, pour renforcer la résilience face aux catastrophes à un niveau fédéral, régional et local; de créer une conscience publique du rôle de l’Ordre dans le service aux communautés vulnérables et dans la capacité de mobiliser le soutien bénévole en cas d’urgence; de repenser nos services de bénévolat pour de possibles scenarii futurs critiques et complexes; enfin de remanier, selon des modalités virtuelles également, le soutien spirituel pour les membres et bénévoles mais aussi pour les personnes à qui nous prêtons assistance”.