Ordre Souverain Militaire et
Hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem de
Rhodes et de Malte

1113 – La Bulle ‘Pie Postulatio Voluntatis’

1113 – The Bull ‘Pie Postulatio Voluntatis’

Reconnaissance du Pape

En 1113, le pape Pascal II reconnaît officiellement la communauté monastique des Hospitaliers de Saint-Jean, nés à Jérusalem plusieurs décennies auparavant. Il le fait à travers un document adressé au Bienheureux Gérard, fondateur et premier Grand Maître de l’Ordre. Ce document, connu sous les premiers mots du texte lui-même, Pie Postulatio Voluntatis, a constitué un élément fondamental pour le développement de l’Ordre de Saint-Jean de Jérusalem, connu aujourd’hui comme Ordre souverain de Malte.

Ci-dessous, le texte traduit du latin.

PAPE PASCAL II À SON VÉNÉRABLE FILS GÉRARD

Nous, Pascal, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, à notre vénérable fils
Gérard, fondateur et recteur de l’Hôpital de Jérusalem, et à ses légitimes
successeurs à perpétuité.
Le désir d’une pieuse volonté doit être accompli par l’effet de ce qui suit. Votre
Révérence a demandé que l’Hôpital, qu’elle a fondé à Jérusalem auprès de
l’église du bienheureux Jean-Baptiste, soit placé sous l’autorité du siège
apostolique et le patronage du bienheureux apôtre Pierre. C’est pourquoi, nous
réjouissant du bon zèle hospitalier que vous manifestez, nous accueillons votre
requête avec une paternelle bienveillance et ordonnons, par l’autorité du
présent décret, que la maison de Dieu qu’est cet Hôpital demeure toujours sous
la garde du siège apostolique et la protection du bienheureux apôtre Pierre.
Nous prescrivons donc que soient toujours préservées la paix et l’intégrité de
tous les biens qui pourront être acquis à cet Hôpital, par l’effet de votre
sollicitude, pour subvenir aux besoins des pèlerins et des pauvres, dans les
paroisses tant de l’Église de Jérusalem que des autres Églises, et sur le
territoire de leurs cités, ou qui pourront être offerts par tout fidèle, aujourd’hui
comme à l’avenir, selon la libéralité divine, ou acquis par tous autres justes
moyens, ou qui pourront encore vous être concédés, comme à vos successeurs et
frères ayant soin des pèlerins, par nos vénérables frères évêques de Jérusalem.
Nous ordonnons que les dîmes des fruits que vous aurez recueillis, où que ce
soit, à vos frais et par vos travaux, seront en la jouissance et possession de
votre Hôpital, nonobstant les prétentions des évêques ou fonctionnaires
épiscopaux. Nous décrétons en outre valides les donations consenties par des
princes religieux sur leurs revenus ou les impôts qu’ils prélèvent. À votre mort,
vous qui êtes l’actuel supérieur et responsable de ce lieu, que nul ne soit élevé à
votre succession par quelque ruse ou violence que ce soit, sinon celui que les
frères profès auront choisi d’élire selon Dieu. Nous confirmons par ailleurs à
perpétuité toutes les dignités et possessions que ledit Hôpital possède déjà ou
pourra acquérir plus tard, par la grâce de Dieu, au delà ou en deçà des mers, à
savoir en Asie ou en Europe, à votre bénéfice comme à celui de vos successeurs
animés du même zèle hospitalier, et par vous, en faveur du même Hôpital.
Nous décrétons au surplus qu’il n’est permis à personne de troubler sans raison
ledit Hôpital, de lui ravir ses possessions ou de les retenir, ou de les réduite, ou
de le tourmenter par de vaines vexations. Mais que tous ces biens soient
préservés dans leur intégrité pour servir à l’usage multiple de ceux pour la
subsistance et la direction desquels ils ont été concédés. Nous prescrivons donc
que les hôpitaux et hospices d’occident, sis près du Bourg de Saint-Gilles,
d’Asti, de Pise, de Bari, d’Otrante, de Tarente et de Messine, qui s’honorent de
la titulature de Jérusalem, demeurent à perpétuité, comme aujourd’hui, sous
votre autorité et administration ou celles de vos successeurs. Si donc à l’avenir
un ecclésiastique ou un séculier ose contrevenir sciemment à cet écrit de notre
constitution, et qu’averti une seconde et une troisième fois, il ne fait pas
réparation par une satisfaction convenable, qu’il soit privé de la dignité de son
pouvoir et de ses titres, et sache qu’il est passible du jugement divin; qu’il soit
de même interdit du très Saint Corps et Sang de notre Dieu et Seigneur Jésus-
Christ, notre rédempteur, et subisse la rigoureuse vengeance du jugement
dernier. Mais que la paix de notre Seigneur Jésus-Christ soit avec tous ceux qui
observent ce qui est juste en ce lieu, afin de percevoir ici-bas le fruit de leurs
bonnes actions, et de trouver la récompense de la paix éternelle auprès du juge
sévère. Amen. Amen. Amen.

Moi, Pascal, évêque de l’Eglise catholique, j’ai souscrit.
Moi Richard, évêque d’Albano, j’ai souscrit.
Moi Landulfe, archevêque de Bénévent, j’ai lu et souscrit.
Moi Conon, évêque de l’Eglise de Palestrina, j’ai lu et souscrit.
Moi Anastase, cardinal-prêtre du titre du bienheureux Clément, j’ai souscrit.
Moi Grégoire, évêque de Terracina, j’ai lu et souscrit.
Moi Grégoire, cardinal-prêtre du titre de Saint-Chrysogone, j’ai lu et souscrit.
Moi Jean, évêque de Mileto, j’ai lu et souscrit.
Moi Romuald, cardinal-diacre de l’Eglise romaine, j’ai souscrit.
Donné à Bénévent, par la main de Jean, cardinal-diacre de la sainte Eglise romaine et bibliothécaire, le Xve des calendes de mars, indiction VI, l’an de l’incarnation du Seigneur 1113, la quatorzième année du pontificat du seigneur pape Pascal.