Ordre Souverain Militaire et
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Monter à cheval pour gérer la maladie de Parkison. L’histoire de Paola, patiente de l’hôpital Saint-Jean-Baptiste

L'hôpital de l'Ordre de Malte à Rome est spécialisé dans la rééducation neurologique et motrice
Monter à cheval pour gérer la maladie de Parkison. L’histoire de Paola, patiente de l’hôpital Saint-Jean-Baptiste
08/03/2024

Lorsqu’on lui a appris sa maladie, Paola n’a pas été surprise. Dès le quatrième accouchement, elle avait senti son corps secoué par des tremblements insistants et envahissants. Puis le diagnostic est tombé : Parkinson. Depuis, une vie marquée par un avant et un après s’est dessinée pour Paola. En tant qu’éducatrice dans une communauté de patients souffrant de troubles psychiatriques, et après avoir exercé différents métiers dans le secteur éducatif, Paola s’est retrouvée de l’autre côté, dans le rôle de la « malade ». Son histoire est complexe, mais teintée d’espoir et de lucidité.

Vivant à Betlemme di Chivasso dans la province de Turin, Paola a été suivie par plusieurs neurologues piémontais et a subi une Stimulation Cérébrale Profonde, une opération délicate qui consiste à implanter chirurgicalement des électrodes dans les zones du cerveau responsables du contrôle des mouvements.

Paola est actuellement soignée par une équipe médicale à l’hôpital Saint-Jean-Baptiste, de l’Ordre de Malte à Rome, spécialisé dans la rééducation neurologique et motrice. Il s’agit du seul hôpital en Italie à proposer la zoothérapie assistée par le cheval.

Une approche innovante qui a donné des résultats inespérés il y a encore quelques années, surtout pour les patients atteints de la maladie de Parkinson. « Monter à cheval rétablit un équilibre entre le bassin et le tronc », explique le docteur Franca Tirinelli. « Nous avons eu des expériences avec des patients souffrant de traumatisme crânien ou de symptômes de Covid long. Les résultats ont été excellents, notamment grâce à l’interaction entre le patient et l’animal. Il n’est pas nécessaire de monter sur l’animal, l’effet positif s’observe en fait déjà dans le grooming , c’est-à-dire dans les soins apportés à l’animal. »

« J’ai toujours été curieuse et intéressée par l’expérimentation », explique Paola en attendant son tour pour soigner et monter l’un des chevaux du centre équestre de l’hôpital Saint-Jean-Baptiste, soignés avec attention et dévouement. « Ainsi, lorsque je suis arrivée ici et que j’ai vu le panneau “thérapie avec les animaux”, je me suis immédiatement renseignée et j’ai demandé si c’était compatible avec mon parcours de rééducation. L’activité avec les chevaux s’exerce en plein air pendant de nombreux mois de l’année. C’est extrêmement stimulant à tous les niveaux : moteur, cognitif, émotionnel, sans parler des effets bénéfiques sur le plan circulatoire, respiratoire, etc.  Les thérapeutes insistent beaucoup, et à juste titre, sur une posture correcte : droite, un pas rythmé et régulier associé au balancement des bras. Ils invitent souvent à s’appuyer sur le garrot du cheval ou sur la longe pour se sentir plus en sécurité et pour effectuer des parcours avec différents outils (balle ou bâton), en utilisant les membres supérieurs et inférieurs, même les yeux fermés. »

Paola explique combien il est important de s’accorder avec le cheval qui « sait lire en vous et vous apprend en quelque sorte à lui faire confiance. Il prend soin de vous », poursuit Paola, « tandis que vous prenez soin de lui en le toilettant, en le brossant et en lui donnant une petite récompense. »

Les effets de la zoothérapie assistée dans la gestion des symptômes de la maladie de Parkinson sont désormais évidents d’un point de vue physique et l’effet psychologique d’une activité gratifiante qui procure du bien-être et augmente l’estime de soi ne peut être ignoré.