Le Grand Maître Fra’ John Dunlap présente les directives de la mission humanitaire de l’Ordre de Malte.
« La réforme nous ramène à notre nature religieuse et montre la proximité concrète du Pape. »
Altesse, après l’audience traditionnelle à l’occasion de la fête de la Saint-Jean en juin 2025, vous avez récemment rencontré à nouveau le Saint-Père Léon XIV, lors d’une audience privée. Comment s’est déroulée la rencontre avec le Souverain Pontife ?
La rencontre que j’ai sollicitée auprès du pape Léon XIV a été intense et profondément constructive. Elle s’est déroulée dans un climat de pleine harmonie et de collaboration. Le Saint-Père fait preuve d’une proximité concrète à l’égard de l’Ordre de Malte et suit attentivement notre cheminement. Notre mission – défendre la foi et servir les plus vulnérables dans le monde – est partagée et soutenue. Ce dialogue direct renforce notre identité et notre responsabilité. Le Saint-Père a également félicité l’Ordre pour son grand engagement lors du Jubilé, grâce à la contribution de plus de 2 200 bénévoles provenant d’une trentaine de pays.
L’Ordre de Malte est avant tout un ordre religieux de l’Église catholique, comme le rappelle la Constitution. Qu’est-ce que cela signifie à la lumière du processus de réforme engagé en 2022 ?
La réforme a remis notre nature religieuse au centre, en renforçant la dimension spirituelle et le rôle des membres ayant prononcé leurs vœux. Il ne s’agit pas seulement d’une mise à jour normative, mais d’un renouveau profond. Nous travaillons avec détermination à la réorganisation de la vie des Chevaliers profès, conscients de la richesse et de la complexité de leurs différentes origines. C’est un parcours sérieux et graduel, qui exige équilibre et vision.
Par ailleurs, l’arrivée de nouveaux aspirants à la vie religieuse, venus du monde entier, requiert une formation solide et un discernement authentique. Je demande à tous les membres de l’Ordre de soutenir ce cheminement par la prière. C’est de là que naît la force de notre mission humanitaire, qui se poursuit aujourd’hui avec un élan et une crédibilité renouvelés.
Et la mission diplomatique ?
Notre présence diplomatique continue de croître de manière significative. En 2024, nous avons établi des relations officielles avec la Grande-Bretagne et en 2025, nous avons noué des relations bilatérales avec le Burundi et la Principauté d’Andorre. Aujourd’hui, nous entretenons des relations bilatérales avec 115 pays. Cela témoigne de la confiance internationale envers l’Ordre de Malte. Nos ambassadeurs, en premier ligne y compris dans certaines régions très reculées du monde, sont nommés sur la base du volontariat et doivent garantir un engagement considérable en termes de temps et de ressources au service de la mission de l’Ordre de Malte. Nous sommes convaincus qu’il est fondamental d’investir dans les compétences et la formation, comme le montre la mise en place d’une journée consacrée à la préparation des ambassadeurs nouvellement nommés. L’Ordre de Malte joue un rôle de plus en plus mondial, notamment grâce à l’action humanitaire courageuse qu’il mène dans certaines des crises les plus graves de notre époque, en particulier en Palestine, au Liban et en Ukraine. C’est une responsabilité dont nous devons tenir compte.
Comment gérez-vous les aspects économiques et patrimoniaux ?
Sous le mandat du receveur du Commun Trésor, Fra’ Francis Vassallo, nous traitons des questions héritées du passé. Le patrimoine de l’Ordre en Italie, vaste mais complexe, est en effet marqué par des décisions et des conditions qui se sont développées au cours de plusieurs décennies. Ces choix managériaux exigent aujourd’hui un effort extraordinaire pour être gérés efficacement. L’actuel Souverain Conseil a lancé depuis longtemps un programme de réorganisation et de valorisation, basé sur des critères d’efficacité, de transparence et de responsabilité, qui produit déjà des résultats concrets.






